Utilisation d'un Tour

Le moletage

3 Août 2009 , Rédigé par serge79 Publié dans #usinage spécial

Le moletage
Principe
C’est une opération qui consiste à réaliser :
1/ par roulage, une empreinte par déformation de la matière par la pénétration en plusieurs passes d’une ou plusieurs molettes dans la pièce à travailler.
En sollicitant le matériau au-delà de sa limite d'élasticité, la pièce se déforme en conservant son intégralité. Par ce procédé, les fibres du métal sont déplacées et non coupées.

2/ par enlèvement de métal, voir ICI.

La forme de cette déformation ou de cet usinage est de plusieurs type :
Croisé en relief de forme pointe de diamant, avec deux molettes.
Droit, donc // à l’axe de la pièce, avec une molette.
Croisé en creux de forme nid d'abeille, avec une molette.
Module.
Hélicoïdal.
Artistiques avec une seule molette, cette dernière possibilité est utilisée principalement en orfèvrerie et bijouterie, voir ICI.

Les molettes sont maintenues, tournantes sans jeu, sur des axes emmanchés forcés dans le porte molettes, elles sont interchangeables puisqu’il existe plusieurs formes, et pas de molettes, (0,5 mm, 1 mm, 1,5 mm …) et sont montées de telle sorte que si vous les regardez en face, les pentes d’inclinaison sont inversées l’une par rapport à l’autre, comme indiqué sur le dessin.

Fonction
Un moletage permet d'augmenter l'adhérence dans le but de faciliter la manoeuvre d'une pièce. Mais elle peut être aussi la préparation d'une surface en vue d'obtenir une meilleure adhérence avec un autre composant dans le cas d'un surmoulage par exemple.

Principe
Le moletage peut être obtenu par roulage avec une ou plusieurs molettes amenées au contact de la pièce, mais aussi par enlèvement de métal.

Le moletage par roulage est donc une opération qui nécessite une forte pression sur la pièce à travailler. Cela risque d’engendrer des déformations importantes des centres des pièces montée mandrin pointes.

C’est donc pour cela que cette opération ne doit jamais être réalisé sur des pièces terminées en usinage, mais ébauchées.
Ne jamais non plus faire ce travail avec des pièces entre pointes, les centres seraient trop déformés, et en plus il y a un risque d’accident.

Le moletage se fait en plusieurs passes en utilisant en général l’inverseur d’avance. Ne pas essayer de le réaliser en une seule fois, l’effort serait trop important et en plus des problèmes cités plus haut, certains organes de la machine le supporteraient très mal (fourreau de la contre pointe, broche, chariot pour ne citer que ceux ci).

Méthode
Après avoir terminé le Ø sur lequel le moletage doit être réalisé, (pour un moletage croisé en relief de forme pointe de diamant et avec des molettes au pas de 1mm, le Ø nominal augmentera de 0,5 mm), le reste de la pièce peut être ébauché, les chanfreins d’extrémités seront réalisé après l’opération de moletage.
L’appareil à moleter doit être incliné de 2 à 3° par rapport à l’axe  vertical de la pièce, comme indiqué sur le dessin.

Contrôler qu’un jeu de fonctionnement ou liberté de mouvement, est présent entre la partie mobile et fixe de l'apareil à moleter, lorsque les molettes sont en contact avec la pièce.

La vitesse de rotation doit être la plus basse possible, et une avance automatique relativement grande, éventuellement faire quelques essais. Pendant l’opération l’arrosage est très important et doit être abondant.

Il est très important de ne RIEN mettre en contact sur les molettes en cours de travail.

La pièce non tournante, mettre en appuis les molettes sur la pièce (décalé du bord de la pièce) avec une certaine pression, puis mettre la machine en route tout en exerçant une pression sur la manivelle du transversal.
Après quelques tours vous pouvez en arrêtant la rotation, contrôler si le moletage est correct, c'est à dire que l'empreinte faite par les molettes est conforme à ce que vous désirez, il se peut qu'une des molette glisse un peu et par conséquent le moletage est irégulier et donc la forme n'est pas homogène, si c'est le cas, déplacer manuellement les molettes, et recommencez l'opération comme indiqué au début.
Au fur et à mesure que la pièce tourne, enfoncer un peu plus les molettes dans la pièce et enclencher l’avance automatique, arrivé à la longueur voulue, utilisez l’inverseur d’avance, et faites pénétrer un peu plus les molettes dans la pièce.
La réalisation d’un moletage est terminé après plusieurs passes successives et lorsque la forme ou les dimension sont obtenues.

L’effort de pression doit être bien moins important si le déplacement de l’appareil opposé à l’inclinaison des molettes. Il y aurai risque d’avoir trop de matière à déplacer, et donc que l’appareil se déplace par glissement ou encore la formation d’un épaulement contre la face de la molette.

Si vous utilisez un appareil à moleter par enlèvement de métal, suivre les indications données avec l’appareil.

Je n’ai utilisé ce type d’appareil qu’une fois, et j’ai trouvé les molettes trop fragiles, je n’ai donc pas insisté. Mais depuis des progrès ont certainement été ralisés..

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Delaby 16/09/2014 18:15

Bonjour Serge,
Comme toujours vos explications sont claires et précises !
Je suis à la recherche de Molettes, concaves, à traits droits ou mieux obliques, toutes simples, pour faire des moletages par "pression" sur du laiton.
Il y a quarante ans, j'avais acheté chez Weber, rue de Poitou à Paris, plusieurs molettes qui étaient, bradées avec d'autres pîèces....Elles étaient simplement montées sur un rectangle de 8/12 dont la queue était éfilée comme celle d'une lime, comme pour y mettre un manche....
Moi, je les ai utilisée en les fixant sur le porte-outil de mon tour, et j'avoir avoir été étonné par le résultat, malgré le jeu des molettes sur leur axe !!!
J'en ai prêté qui se sont soi-disant perdue par courrier, et j'en ai offerte deux à un fantastique horloger américain, David Walter (voir sur Google ) qui visiblement ne possédait pas de molettes anciennes...
Il m'en reste une, concave, à traits obliques, mais assez gros, et je n'arrive pas à trouver de molettes concaves à traits plus fins...Alors, peut-être avez-vous une adresse ???
Sinon ( vous savez que je ne suis pas conventionnel dans ma façon d'utiliser un tour ou une fraiseuse, étant autodidacte !!!) Or, je me demande, avec un taraud dans un mandrin et une molette concave au diamètre du taraud, et en stub ( pour ensuite être trempée )montée sur mon porte outil ne ferait pas l'affaire...à moins que vous ayez une bonne idée à me soumettre !!...
Bien cordialement,
Jean-Paul

serge 79 26/09/2014 10:52

Bonjour Jean Paul
Si je comprend bien la question, tu désire confectionner une molette concave en utilisant un taraud, qui serai maintenu par les mords du mandrin et tournerai en rotation, et permettant l'usinage dans la partie concave d'une molette préalablement préparée avec donc une gorge sphérique et ayant une largeur du Ø du taraud, et qui se déplacerai longitudinalement du pas du taraud.
À mon avis cela ne vas pas être simple, car il faudra que le périmètre du fond de gorge soit un multiple du pas du taraud, et même là ce n'est pas gagné, car il ne faut pas qu'au bout d'un tour de la molette l'usinage réalisé par le taraud se chevauche.
Mais faut faire des essais, et cela peut être intéressant.
Tiens nous au courant de tes essais.
Amicalement
Serge